LES FAUX, LES
COQS ET LE MERLE BLANC
Je le sais ! Je le sais aussi bien que vous: le plumage d’un merle est tout à fait noir. Un merle blanc, ça n’existe pas ! Et pourtant….. Il était une fois une famille très très pauvre. Le père était rémouleur et ce n’est pas en exerçant ce métier qu’on devient millionnaire.
- Ah ! Malheur de malheur, répétait le brave homme, j’ai beau travailler de tout mon cœur, j’ai beau
pêcher quelques poissons dans la rivière voisine, il n’y en a jamais assez pour toute ma maisonnée !
Un jour, on nous retrouvera tous, morts de faim !
- Ah ! Misère de misère, répondait la mère, j’ai beau trouver quelques champignons dans le petit bois
voisin, c’est bien peu pour mes trois garçons ! Une belle nuit, nous périrons tous !
Et les trois fils qui entendaient ces réflexions, en étaient bien chagrinés. Un matin, Pierre, l’aîné, se campa devant son père et lui dit :
- Je ne puis plus supporter que vous viviez dans la gêne, ma mère que j’aime, et toi, que je respecte,
pour ne rien dire de mes deux frères !
- Mais, mon fils, je ne sais qu’aiguiser les couteaux et les ciseaux qu’on me confie. Je ne parle pas
des rasoirs : ils sont trop rares !
- C’est pourquoi je veux vous aider !
- Hé ! mon grand, que feras-tu pour cela ?
- Je vais vous quitter pour un certain temps. J’ai entendu dire qu’il existait, loin d’ici, un pays où l’on
fait la moisson, non pas, comme chez nous, à la faux ou à la faucille mais à l’arbalète.
- Tu as dû mal comprendre, mon enfant ! Il est impossible qu’ils tirent sur les tiges de blé pour les
ramasser ensuite !
- C’est pourtant ainsi qu’ils font, mon père ! Entre le moment où ils commencent leur récolte et celui où
ils la terminent, les pluies surviennent qui leur font perdre la plus grande partie de leur moisson car
elles mouillent le blé et le font pourrir.
- Ce pays doit donc être dans la plus terrible pauvreté !
- Pis que cela, mon père : on y meurt de faim et les gens sont si désespérés, que j’ai eu les larmes
aux yeux en entendant le récit de leur existence !
- Qu’irais-tu donc faire dans cette contrée misérable ?
- Je vais leur apporter des faux, que j’offrirai aux plus forts et des faucilles aux plus faibles.
- Comment feront-ils pour te les payer ?
- Je ne sais pas, mon père mais je trouverai bien chez eux quelque chose que je prendrai en échange
de mes outils.
- Mon fils, tes intentions sont louables ! Que le Ciel te protège au cours de ton voyage ! Tu as la
bénédiction de ton père qui t’aime
Et voilà Pierre sur la route, tirant une charrette à bras, chargée à ras bord de faux et de faucilles et chantant pour lui tout seul.
Si je marche sur la route Si je marche c'est ausi pour
Avec tout ce chargement Aider ceux qui ont besoin d’aide
Ce n’est pas chacun s’en doute Je souhaite que le fourniment
Pour le simple amusement Que dans ma charrette j’emmène
Mon projet est sans mystère Soit utile à de pauvres gens
Arracher à la misère Pour qui ce serait une aubaine
Mes père et mère mes frères Si je marche sans arrêt
Qui si je n’interviens pas Sur les chemins et les routes
Sont tous voués au trépas C’est que je n’ai pas de doute
Ce n’est pas simplement l’amour J’obtiendrai un franc succès
Qui m’y fait chercher des remèdes Non-non je n’ai pas de doute
J’obtiendrai un plein succès.
Il marcha pendant un temps si long qu’il ne put le compter en jours ni en semaines. Enfin, au bout de plus de quatre ans, il arriva; en plein mois d’août, en un pays où les blés lui parurent magnifiques. Il avança au hasard et croisa bientôt un homme qui portait une belle arbalète sur l’épaule.
- Hé ! Monsieur , s’écria Pierre, êtes-vous en guerre ? Je vous vois avec une arme qui n’est guère
utile en temps de paix !
- Vous vous trompez, jeune étranger, répondit l’homme. C’est avec cette arme que je vais faire la
moisson du champ de blé que voici ! Regardez comme c’est pratique !
Et, ayant bandé son arbalète, il y plaça un trait qu’il décocha sur le champ de blé. Quelques épis tombèrent. Il les mit de côté et partit à la recherche de sa flèche qu’il eut bien du mal à retrouver parmi les hautes tiges.
- On ne peut pas dire que vous en abattiez trop à la fois, remarqua Pierre en souriant.
- Oh ! J’ai déjà vu des hommes bien entraînés qui faisaient culbuter sept-huit épis d’un seul coup, fit
l’homme avec fierté.
- Par ma foi, dit Pierre, je veux vous montrer comment on fait la moisson en mon village !
Il se saisit d’une faux et commença de faucher le champ. Au bout de quelques instants, le bonhomme,
ébahi, lui dit :
- Jeune homme, venez, je vous prie jusqu’à ma maison. Je vais rassembler mes voisins et mes amis:
si vous voulez bien nous vendre votre instrument, je crois que nous pourrons faire affaire !
- Avec plaisir, répondit Pierre ; il serait grossier de ma part de refuser une invitation aussi aimable !
On arriva bientôt au logis du paysan et Pierre, dès l’entrée, remarqua avec stupéfaction que les poignées de la porte étaient étincelantes et d’une belle couleur jaune. Pendant que le brave homme allait rassembler les gens de son village, la maîtresse de maison servit au visiteur un bol de soupe très claire et il put parler avec elle.
- D’où vient, demanda-t-il que dans un pays comme le vôtre, qui paraît bien pauvre, vous ayez à votre
porte un bouton aussi joli et brillant comme je le vois ?
- Oh ! répondit la bonne femme, il y avait, du temps de nos grands-parents, un endroit où l’on trouvait
ce métal sans même avoir à creuser le sol. On le ramassait, on le faisait fondre et l’on en faisait des
poignées de porte et de fenêtre, agréables à voir et qui ne coûtaient rien. Chez nous, on appelait ça
de « l’or ». De nos jours, on en trouve beaucoup moins mais c’est sans importance puisque c’est sans
valeur !
A ce moment revint le mari avec d’autres villageois, à qui il avait expliqué qu’un jeune étranger
possédait de merveilleux outils capables de transformer toute leur existence. Le plus âgé d’entre eux parla au nom de tous :
- Ces instruments pourraient sauver des centaines de vies, qui s’éteignent chaque année par manque
de nourriture mais nous sommes si pauvres, que nous ne pourrons jamais vous les acheter !
- Ma foi, dit Pierre, ces choses sont de peu de valeur dans mon pays. Je suis tout prêt à les échanger
contre d’autres, qui ne valent presque rien chez vous, par exemple ces boutons, jaunes et brillants qui
sont à vos portes et à vos fenêtres.
- Marché conclu ! dit le vieil homme. Videz votre charrette de vos appareils à couper le blé et nous
l’emplirons de ce qui vous intéresse !
Ainsi fut fait sur le champ et Pierre repartit vers son village, en tirant son précieux chargement. Il était
impatient d’arriver et courait plus qu’il ne marchait mais. …longue était la distance C’est pour cela qu’il chantait.
Si je marche sur la route Mais j’en suis bien satisfait
Avec ce beau chargement Je rentre dans ma famille
Ce n’est pas chacun s’en doute J’ai accompli mon devoir
Sans un grand étonnement Grâce à cet or qui scintille
J’ai remporté la victoire J’ai vaincu le désespoir
J’ai eu un succès complet Alors marchons allègrement
Je n’en tire aucune gloire Un bel avenir nous attend
Un beau soir, Paul, le second fils du rémouleur, se campa devant son père.
- Mon père, lui dit-il, voici bien longtemps que Pierre est parti et il n’est pas encore revenu ! Il ne m’est
pas possible de vous voir vivre dans la pauvreté, ma mère que je respecte, toi, que j’aime et mon plus
jeune frère qui est encore un peu tendre, !
- Hé ! Cher Paul, je n’ai été, toute ma vie qu’un repasseur d’instruments tranchants ! La fortune ne se
gagne guère dans ce métier ingrat !
- C’est pourquoi, je veux vous aider !
- Fils, que comptes-tu faire ?
- Je vais m’absenter de la maison, pour une durée, difficile à connaître d’avance. J’ai appris que, bien
loin d’ici, existe une région où la nuit dure dix mois de suite.
- Dix mois ! Tu as sans doute mal compris, mon enfant ! Il est impossible que ceux qui vivent là-bas
puissent labourer et semer, soigner le blé et le récolter pendant les deux petits mois où le soleil se
lève et se couche normalement !
- C’est pourtant ce qu’ils sont obligés de faire ! Entre le moment où commence la longue nuit et celui
où elle prend fin, ils n’ont à manger que la maigre récolte qu’ils sont parvenus à faire mûrir en si peu
de temps.
- Cette région est donc dans la pauvreté la plus terrible !
- Pis que cela, mon père ! La famine y fait des ravages et ceux qui survivent sont dans un tel état de
désespoir, que je n’ai pas pu retenir mes larmes quand leur détresse m’a été décrite !
- Que vas-tu donc faire, Paul dans cette pitoyable région ?
- Je vais leur apporter des coqs ! Quand les coqs chanteront, le soleil se lèvera ! Tout le monde
pourra travailler, chanter, être joyeux ! Plus personne ne périra par la famine ! J’ignore quel paiement
ils pourront m’offrir mais, aussi pauvres soient-ils, il y aura bien chez eux quelque chose que je puisse
rapporter en échange. D’ailleurs, chez nous, un coq ne coûte pas bien cher !
- Que le ciel te protège pendant ton voyage, mon cher fils ! Ton père qui t’aime t’accorde sa
bénédiction !
Et voilà Paul sur la route, poussant devant lui une brouette dans laquelle une douzaine de coqs se chamaillent, se donnent des coups de bec et font retentir puissamment leurs cocoricos. Comme la route est longue, Paul chante pour se tenir compagnie, en quelque sorte.
Si je marche sur la route N’a pas été de nature
Avec mes coqs caquetants A nous sauver du malheur
Ce n’est pas chacun s’en doute Je souhaite que le chargement
Parce que c’est amusant Que devant moi je promène
Mais en l’absence de Pierre Soit utile à de braves gens
Il fallait c’est évident Pour qui il serait une aubaine
Pour mes parents et mes frères Si je marche sans arrêt
Tenter sans être imprudent Sur les chemins et les routes
Une seconde aventure C’est que je crois somme toute
La première j’en ai peur Qu’à la fin je gagnerai
A peine était-il parti depuis dix jours, que Pierre rentrait à la maison. Il raconta son aventure et chacun se réjouit et le félicita. La seule ombre au tableau était que Paul fût parti à son tour car, avec tout l’or que rapportait l’aîné, toute la famille aurait pu vivre dans l’aisance et pour longtemps. Mais, on ne peut pas tout prévoir et ce qui est fait est fait !
Le second fils marcha pendant quatre ans et six mois avant de parvenir au pays de la longue nuit.
Quand il y arriva, il rencontra, par hasard, un homme qui sanglotait dans un grand mouchoir.
Même en pleine nuit, on y voit toujours un petit peu et Paul interpella l’homme qui essuyait ses pleurs.
- Hé ! L’homme ! Quelqu’un que vous aimiez est-il mort ? Je vous vois verser là, des larmes bien
abondantes !
- Jeune étranger, répondit l’homme, vous vous trompez : je ne suis pas en deuil mais la nuit est
arrivée depuis bientôt deux heures et, chez nous, à ce moment de l’année, elle dure dix longs mois.
La nourriture pour ma famille risque de me manquer avant que le jour revienne. Telle est la raison de
mes pleurs.
- Je suis donc bien content de vous avoir rencontré car j’ai, dans ma brouette, de quoi calmer vos
inquiétudes. Etendez seulement la main et touchez !
- Je sens des plumes ! Des plumes d’oiseau ! Et c’est cela qui apaiserait mes angoisses ?
- Ce ne sont pas des plumes ordinaires et ces oiseaux sont également exceptionnels. Entendez-les se
remuer, s’agiter ! Ils sortent du sommeil !
- Comment ! Je vous parle du drame qui menace ma famille, ma chère épouse, mes cinq enfants bien
aimés, pour ne rien dire de moi-même et vous osez me parler de l’éveil de vos volatiles !
- Je vous le répète, mon brave homme : vous pouvez calmer votre colère comme votre inquiétude.
Ecoutez bien et regardez aussi !
Et, comme c’était l’heure à laquelle le soleil se levait d’habitude sur leur basse-cour, les coqs se mirent à rivaliser de cocoricos bien timbrés. C’était à qui chanterait le plus fort. A peine les coqs eurent-ils ainsi donné de la voix pendant quelques instants, que le soleil parut à l’horizon. En quelques minutes, le jour était levé et tout le village, ébahi, se rassemblait autour de la brouette et remerciait Paul du miracle qui venait de s’accomplir. Bientôt, les enfants sortirent et se mirent à jouer aux billes. Or, en même temps qu’il parlait avec les villageois, Paul observait les enfants dans leur jeu. Je me demande, pensait-il, si je vois clair car, ou bien je rêve, ou bien je deviens fou, ou bien ces petits jouent aux billes avec des perles ! Je veux en avoir le cœur net ! S’adressant à ceux qui l’entouraient, si je ne me trompe , dit-il, les oiseaux que j’ai transportés, au prix des plus grands efforts, changeraient votre vie si vous les possédiez .
- Ah ! s’écria le plus âgé du village, un tel bienfait n’aurait pas de prix ! Mais nous ne pourrons jamais
vous les acheter. Nous sommes dans une pauvreté effrayante à cause de la nuit trop longue qui nous
empêche de travailler.
- Cela pourrait bien changer ! Je vais y réfléchir mais, d’abord, répondez, de grâce, à une question
simple !
- Et laquelle ?
- Avec quoi, ces enfants jouent-ils ? Ces petites choses rondes qu’ils font rouler par terre ?
- Bah ! Ce n’est rien ! Notre pays a de longues côtes sur la mer et l’on y trouve en quantité, un
coquillage qui s’appelle huître . Nous en mangeons beaucoup puisque nous n’avons presque rien
d’autre à nous mettre sous la dent. A l’intérieur des huîtres se trouve souvent une espèce de petite
chose ronde comme vous dites et que nous nommons perle . Nous en avons tellement que nous ne savons qu’en faire et, comme elles n’ont aucune valeur, nous les donnons aux enfants pour qu’ils
s’amusent avec. Cela nous évite de dépenser de l’argent à leur acheter des jouets.
- Je comprends-je comprends et je crois que nous pourrions nous entendre. Mes oiseaux, que nous
appelons des coqs , n’ont pas trop de valeur dans mon pays. Ils sont si nombreux que je pourrais
vous donner ces douze-là sans inconvénient. Si, de votre côté, vous me laissiez charger ma brouette
de vos perles, je pourrais faire plaisir aux enfants de mon village en leur apprenant un jeu nouveau.
- Marché conclu ! Videz votre brouette de ce qui nous sauve et nous la remplirons de ce qui vous
amuse !
Ainsi fut fait sur-le-champ et Paul repartit en poussant devant lui son chargement précieux. Il était si pressé d’arriver qu’il galopait comme un petit cheval. Pour s’encourager, il chantait
A quoi tient la réussite Nos angoisses sont finies
A peu de chose je crois Marchons courons sur la route
Je n’ai pas eu grand mérite Il est certain qu’on m’attend
Et pourtant je le prévois Et j’ai hâte l’on s’en doute
Des jours heureux se profilent De retrouver mes parents
A l’horizon de nos vies Et j’ai hâte l’on s’en doute
Nous allons être tranquilles De retrouver mes parents
mais……..longue était la distance à parcourir !
Enfin il arriva au sommet de la petite colline qui dominait le village. Il la dévala si vite qu’il faillit perdre son chargement. Il fut fêté par sa famille : avec l’or de l’un et les perles de l’autre, on n’avait plus de souci à se faire ! Mais les voyages des deux frères aînés avaient duré presque dix ans. Les parents, qui étaient déjà âgés quand leurs fils étaient partis, se trouvaient maintenant extrêmement vieux.
Ils pouvaient à peine marcher. Ils ne mangeaient presque plus rien. Bref, ils n’étaient plus du tout en état de profiter de leur richesse.
Jacques, le troisième fils, se campa, un jour devant eux et leur dit :
- Mes deux frères ont réussi à vous tirer de la condition misérable où vous végétiez mais, moi, je n’ai
rien fait pour vous. Je ne puis supporter de vous voir plus longtemps boitiller en marchant, tousser au
moindre vent et vous affaiblir chaque jour. Je veux, à mon tour, essayer de faire quelque chose de
merveilleux qui vous rende la vie agréable et facile. Je vais m’absenter quelque temps et……vous
verrez !
Les parents eurent à peine la force de lui adresser un petit geste d’assentiment et de reconnaissance.
Jacques alla trouver ses frères et leur dit :
- Je voudrais, de mon côté, faire quelque chose pour nos parents car ils font pitié à voir.
- Oui mon cher Jacques, mais que faire ?
- Dans la forêt, tout près d’ici, il y a un merle blanc…..
- Arrête de dire des bêtises ! Un merle est noir !
- Je le sais bien mais celui-ci est extraordinaire ! Non seulement il n’est pas de la couleur ordinaire
des merles mais encore, quand il est dans une maison, les habitants qui le désirent, rajeunissent !
- Qu’est ce que c’est que cette histoire à dormir debout ?
- N’est-il pas vrai que nos parents sont au lit, qu’ils toussent comme des sacs de noix quand on ouvre
une porte, qu’ils sont incapables de se nourrir tout seuls, que nous avons peur, à tout instant de les
voir périr tous deux ?
- Si ! C’est vrai !
- Hé bien, il est également vrai que, si nous avions le merle blanc sous notre toit, nous verrions nos
parents rajeunir chaque jour, d’un mois !
- Ah ! Et ils redeviendraient des bébés ?
- Ne plaisantons pas avec les choses sérieuses ! Ils redeviendraient des gens dans la force de l’âge !
Pas plus ! Mais pas moins !
- Qui donc a pu te raconter cette histoire insensée ?
- J’ai promis de ne pas trahir un secret aussi important ! Je ne vous dirai pas qui m’a renseigné ! C’est
défendu !
Pierre se pencha à l’oreille de Paul et lui dit : - Laisse-le y croire ! Nous ne risquons rien !
- Ecoute, Jacques, tu as peut-être raison !
- Pas peut-être ! Sûrement !
- Et que comptes-tu faire ?
- Je vais partir à la recherche du merle blanc, dans la forêt voisine !
- Très bien !
- Mais oui ! Vas-y !
Et voici Jacques marchant, au hasard dans la grande forêt. Le soleil est à son zénith et Jacques s’éponge le front. Il s’étend quelques instants sur la mousse pour se reposer un peu quand, tout à coup, il entend un chant merveilleux.
C’est lui, se dit-il ! C’est le merle blanc ! Et, de son côté, Jacques se met à chanter de sa. très jolie voix
Est-ce toi, merle blanc Fais-toi voir je t’en supplie
Qui chantes dans la ramure Que ta blancheur inouïe
Quel plaisir tu me procures Illumine le feuillage
J’en suis encore tout tremblant Merle blanc si c’est toi
Si tu es dans ce bocage Montre montre montre toi !
A peine eut-il fini de chanter, qu’un admirable volatile vint se poser sur l’arbre d’en face. A la grande surprise de Jacques, l’oiseau dit, d’une voix exquise :
- Homme ! Nul n’avait jamais vu le merle blanc. Tu es le premier à qui je me montre car ta voix m’a
ravi ! Puis-je t’être agréable ?
- Ah ! Majesta…non, Majesté, excumé-zoi, je veux dire excusez-moi ! Je aradémazébioubiou….
- Tu es excusé, mon petit !
- Ah ! Me-mer, merci caubou, non je veux dire…..
- Maintenant, respire lentement, profondément, et par-le très len-te-ment !
- Sire, votre Majesté est trop indulgente mais je…..